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La grande illusion

Publié le par Prof d'histoire-géo

La bande annonce, pour le moins désuète, révèle beaucoup du film, et de ses idées. Une bande annonce de 1937, qu’il est important de resituer dans son contexte !!!

Le contexte justement ! Période de crise mondiale, la France connaît le chômage et la misère, mais aussi la montée de l’extrême droite qui menace la démocratie.

 

Le film est tourné en plein front populaire, et sort en juin 1937, juste après le renversement du front populaire ! Or le film montre la solidarité entre les prisonniers français, bien qu’ils soient de milieux différents. Boëldieu l’aristocrate, et Maréchal, l’ouvrier s’entendent parfaitement, et d’ailleurs l’évasion de Maréchal est un succès grâce au sacrifice de Boëldieu … C’est un message d’union nationale et de réconciliation entre tous les Français pour faire face aux difficultés.

C’est une période où Hitler se prépare à la guerre et commence à mener une politique agressive en Europe. Or, l’Europe est encore marquée par le premier conflit mondial, le pacifisme est important dans les sociétés ! Cela se ressent dans le film, qui veut rapprocher les deux peuples (français et allemands) ! Les prisonniers sont plutôt bien traités par leurs gardiens allemands. Et à la toute fin du film, que dire de cet Allemand qui refuse de tirer sur les fuyards... Tout un symbole.

Le film est aussi un message contre l’antisémitisme qui sévit en Allemagne mais aussi en France à l’époque (Blum, chef du front populaire, au pouvoir en 1936, sera régulièrement victime de cet antisémitisme). En effet, le bon copain de Maréchal s’appelle Rosenthal et il est juif. C’est lui qui reçoit des colis de sa famille et nourrit ses camarades prisonniers ! Cela va à l’encontre des croyances qui représentent le juif comme un profiteur et un radin !

La grande illusion

Notes reprises du site wikipédia

Le film devait initialement s'appeler Les Aventures du lieutenant Maréchal, ce personnage étant le seul présent du début à la fin. Le scénario d'origine se concentrait sur les relations du lieutenant Maréchal et du capitaine de Boëldieu. Le titre de ce film reprend littéralement celui d'un essai de Norman Angell, La Grande Illusion, paru en France en 1910 et ayant connu un succès mondial. Renoir précisa qu'il avait choisi ce titre « parce qu'il ne voulait rien dire de précis ».

Le film s'inspire des récits d'évasion du Général Armand Pinsard. Jean Renoir l'a rencontré pendant la Première Guerre mondiale et ce dernier lui a sauvé la vie alors qu'il était pris en chasse par un avion allemand. Les deux hommes se perdent de vue pendant la guerre mais se retrouvent par hasard en 1934 pendant le tournage de Toni. Armand Pinsard raconte alors sa captivité en Allemagne et son évasion à Renoir qui s'en inspire pour écrire un premier scénario avec Charles Spaak.

Le projet s'intitule d'abord L'évasion de Pinsard. En 1914, quand commence la Première Guerre mondiale, Jean Renoir est maréchal des logis au 1er régiment de dragons sous les ordres du capitaine Louis Bossut, modèle possible du capitaine de Boëldieu.

 

Production

Jean Renoir a eu beaucoup de difficultés pour financer ce film et n'a pu trouver un producteur que par le soutien de Jean Gabin.

 

Distribution des rôles

Jean Renoir a confié les rôles principaux à trois figures emblématiques de l'époque :

Pierre Fresnay en aristocrate déclinant, Jean Gabin en titi parisien gouailleur et Erich von Stroheim en officier très rigide, trait accentué par sa minerve.

La présence d'Erich von Stroheim a été imposée à Renoir par la production. Renoir a alors développé un personnage sur mesure pour Erich von Stroheim avec Rauffenstein. À la suite d'un malentendu avec Erich von Stroheim, Jean Renoir dut réécrire le scénario alors que le tournage était commencé pour lui donner un rôle plus important car il ne devait faire, à l'origine, qu'une apparition.

À l'origine également, le rôle de Boëldieu était écrit pour Louis Jouvet. La petite Peters, qui interprète le rôle de Lotte, ne vit jamais le film : elle fut emportée par la grippe quelques semaines avant sa sortie[réf. nécessaire]. Sylvain Itkine qui joue le rôle de l'officier prisonnier amateur de Pindare a été membre d'un réseau de renseignements pendant l'Occupation, il fut arrêté par la Gestapo en été 1944 et mourut sous la torture.

Jean Gabin (Maréchal) à gauche, et Pierre Fresnay (Boëldieu)

Jean Gabin (Maréchal) à gauche, et Pierre Fresnay (Boëldieu)

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